Cada um tem as suas razões para gostar de Caravaggio

Caravaggio é palavra que significa aldeia, proveniência. Gostava que tudo fosse retorno à origem, que todos os traços se pudessem inverter para que se tornasse nítida, ao longe, uma certa origem: a ressonância da matéria. Não sei qual é, ao certo, o eco da aldeia nas pinturas do mestre, e não me interessa. O meu eco de Caravaggio é outro, e está aquém da mitologia interna das obras. O meu eco situa-se algures entre o coração dos personagens e o daquelas trevas, as mais imensas que alguma vez um pintor pôde criar; vejo naquelas telas a aceleração do tempo e do evento, como se em tão pequena superfície a tragédia humana pudesse ser dissecada com precisão infinda.

Em Roma tropecei em tantas pinturas do Caravaggio – no Capitólio, na Galeria Borghese – que parecia quase vulgar chegar à igreja da esquina seguinte e encontrar, em mais um milagre, a Crucificação de São Pedro ou o Martírio de São Mateus.

(fotografia d’A Inspiração de São Mateus, situada na Igreja de San Luigi dei Francesi, Roma)

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Top Fáive 1200-1700

Caravaggio
Leonardo
Dürer
Giotto
Pieter Bruegel

(top in progress)

 

 

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On aurait dit que les pages se multiplient. Souvent j’ai fait la connaissance de livres de mille feuilles, mais sont rares ceux qui me restent tant de temps entre les mains. Il m’accompagne depuis la fin de l’été, fermé pour la plupart du temps puis réveillé pour donner vie à une poignée de jours de lecture farouche. Il sera dans la poche de la valise qui, demain, reposera au sous-sol de l’avion vers Porto, et à côté du lit d’enfant où je dors encore en arrivant.

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Archipel

Nuno Pinto da Cruz, "Archipel", 2010, image numérique

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La pierre de touche de la bande dessinée contemporaine

« Ne nous trompons pas sur Krazy. Beaucoup de gens «aiment » en dépit de, mais seuls quelques individus aiment. Krazy est illimitable : il aime. De la seule manière dont on puisse aimer : sans limites (…) Celui qu’il aime lui cause un bonheur sans partage. Et comment cela ? Parce qu’il essaye, de toutes les forces infâmes de sa personne limitée, de le faire désaimer et il échoue toujours »

« Ce mélodrame-éclair burlesque de la démocratie est une lutte entre la société (Ofissa Pupp) et l’individu (Ignatz) à propos d’un idéal (l’héroïne, Krazy Kat) – lutte dont ressort toujours et encore cette vérité ahurissant : l’idéal démocratique ne peut s’accomplir qu’à condition et à chaque fois que la société échoue à supprimer l’individu. »

e.e.cummings avait déjà tout compris en 1946,au moment où il a écrit l’introduction au recueil posthume de George Herriman.

Comme dans tout dessin, c’est l’espace pour l’imagination qui me fascine. Comme si l’image même n’était qu’une vision liminaire, une clairvoyance, un réservoir de découvertes.  L’ambiguïté, la polyphonie, et, surtout, l’idéalité et la logique propre du langage du dessin, au service de la création d’un monde que n’existait qui dans la tête du dessinateur.

 

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Le retour (2007)

J’ai déjà été dans presque tous les continents. J’ai commencé à voyager très tôt, avec mon vieux.

On allait en train, vainquant des distances incroyables pour l’époque, vendre les coquillages de notre bled, considérés précieux, que lui-même ornementait avec des pigments faits maison sur les côtes opulentes du sud. C’était évidemment une affaire très très pauvre. Je me souviens, d’ailleurs, d’être ridiculisé par les familles bourgeoises qui passaient devant notre modeste boutique : un cageot fait de morceaux de bois et une pancarte de fortune où on lisait « artisanat ».

Malgré l’opposition de mon père, j’ai suivi naturellement ses traces.

A 15 ans j’essayais ma chance pour la première fois. Tout seul. Je dois dire, cependant, que ma décision a été hâtée par la mort du vieux.

Je me suis aventuré dans le premier train qui partait, sans connaissance de cartes ou de noms de pays. J’essayais, pour survivre, les coquillages de mon enfance, mais les dessins sortaient maladroits – tordus comme ma propre route.

Le hasard me conduit alors dans des affaires bien plus profitables. Quand je me rends compte, je suis en train d’essayer de passer la frontière à Trieste, en Italie. Je passe alors 3 ans à faire l’aller-retour entre l’Europe de l’ouest en est, toujours à la recherche de fragments de cet archétype qu’on appelait régime communiste : des affiches, des vêtements militaires, bref, des objets exotiques aux yeux des collectionneurs occidentaux.

Puis quand je me suis fatigué de tout ça, j’ai regardé dans ma valise tout ce qui restait de mon dernier déplacement. Un vieil appareil photo, avec ses instructions en cyrillique.

 

Pour la première fois, je m’intéressais à ce que j’avais avec moi ; c’est un objet bizarre, un appareil photographique : une fenêtre mécanique, compliquée, opaque. J’étais en ce moment à Minsk, où j’avais obtenu d’ailleurs cet appareil, et je n’ai pas pu m’empêcher de dépenser toute une pellicule. Je ne comprends rien à la photo, je ne suis pas un artiste ou quoi que ce soit ; j’ai photographié alors tout ce que je trouvais dans les rues, toute ce que je connaissais déjà. Comme si je voulais avoir des preuves de ma vie audacieuse.

Quand j’ai développé la pellicule, j’ai eu une surprise. Les photos sortaient inexactes, énigmatiquement insaisissables, mais surtout pas fausses. Comme des apparitions. Et moi, chrétien depuis l’enfance, je voyais ces lumières qui émergeaient des gens et des bâtiments ; des auras, des irradiations.

Toute ma vie a changé. Désormais je parcourrais des villes sans nom en Pologne, en Tchécoslovaquie, en Roumanie, en Hongrie, en cherchant un miracle, un message de Dieu dans les terres de la dictature du prolétariat.

C’est ainsi que vingt ans de ma vie sont passés. Je ne suis pas sûre d’avoir trouvé quoi que ce soit dans mes photos floues et obscures, sauf un peu de foi.

Et maintenant que ma vision devient floue, elle aussi, je regagne cette même foi. Je n’ai plus besoin d’appareil photo. Mes propres yeux captent les apparitions que je cherchais tout ce temps ; j’attends seulement que quelqu’un me croie.

 

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Caribou et Beach House à l’Ancienne Belgique, Bruxelles

Caribou et Beach House (avec Junip, dans le cadre du festival Autumn Falls)

Au vingt-septième jour de l’hostile mois de Novembre, deux des plus attendus concerts de l’année eurent lieu. Le premier fut dionysiaque, le deuxième apollinien.

Le premier fut celui de Dan Snaith, anciennement Manitoba, actuellement Caribou, aidé par trois musiciens dans la tâche de transformer l’Ancienne Belgique en territoire de célébration, avec une musique faussement électronique, car joué avec les instruments essentiels du psychédélisme (guitares, batteries, synthés, voix) et, comme outil secondaire, la spiral si loquace de la couverture de ‘Swim’, le dernier opus de Caribou, projeté à l’arrière-plan et aussi hypnotique que les motifs hallucinogènes de ‘Kaili’ ou ‘Labilela’. Tous les grands morceaux de ‘Swim’ y sont passés, d’ailleurs, et toujours aussi fulgurants, éclatants, au bord de l’épiphanie. La basse était omniprésente e profonde, la batterie impétueuse et la voix délicate de Snaith ponctuait et rythmait les tubes qui se succédaient sans merci pour le repos des corps.

La fin a été magistrale, espèce de glorification solaire psalmodiée pendant des longues minutes, une louange à un soleil déjà disparu sur le firmament bruxellois depuis des heures, des jours, des mois, comme si cette danse, ce rituel, ce sacre anticipé du printemps pouvait le ramener à nouveau, ce soleil, ce « Sun » répété tant de dizaines de fois depuis la bouche épuisée de Dan Snaith.

Puis Beach House arrivent sur une scène transformée. Victoria Legrand au centre, assise en tant que aumônier de cette grande oraison collective qui allait prendre l’heure et demie suivante. A ces côtés, Alex Scally et encore deux ou trois autres musiciens qui soutenaient, à coups de guitares et synthés, sa voix caverneuse. Derrière, trois constructions énigmatiques, des pyramides hautes d’un mètre et demi ou un peu plus, comme des œuvres minimalistes, idéales, mystiques. La lumière se résumait presque à un filet, quasi éteinte et sans révéler le visage presque aussi beau que sa voix, dit-on, de mademoiselle Legrand.

Presque tout ‘ Teen Dream’ a été joué, ainsi que des pièces des deux autres LP lancés par le duo de Baltimore. Parfois, parmi les strates vaporeuses de sons synthétisés, un véritable tapis d’étoiles surgit, des dizaines de points de lumière qui scintillaient autant que les centaines d’yeux fixés sur eux. Ce sont des sons qui nous caressent dans le sens des poils et de tout l’organisme, certes. La voix, grave et légèrement éraillé, est la seule texture rugueuse dans l’univers féerique de Beach House, et il n’y a pas la place pour le risque ou pour l’improvisation. Tout semble solide comme de la pierre, cohérent, maitrisé, et heureusement. Ainsi, nous nous y baladons en leur faisant confiance, au rythme langoureux de ‘Silver Soul’, ‘Norway’ ou ‘Better Times’, où les claviers prennent toute leur puissance. Le son sort si limpide du système sonore de l’Ancienne Belgique que le rêve évoqué par Beach House semble palpable, près de nous. Tout, tout près.

Aussi sur (quoique modifié) sur http://www.musiczine.net/fr/festivals/festival/autumn-falls-2010-samedi-27-novembre/

(photo: Caribou live at Lowlands 2010 par Nick Helderman via 3VOOR12)

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