Nouveau site

Je suis très fier de présenter mon nouveau site:

http://cargocollective.com/nunopintodacruz/

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Finalement, le voici en ligne.

Mon portfolio en pdf. Cliquez ici pour le télécharger.

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La Beauté, II

Vittore Carpaccio, Le Rêve de sainte Ursule
1495, tempera sur toile, 274 cm x 267 cm
Gallerie dell’Accademia, Venise

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Como não perceber nada de um país

http://jugular.blogs.sapo.pt/2428593.html

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La beauté

Piero della Francesca, L’Annonciation
1469, tempera sur bois de peuplier, 170 cm x 191,5 cm
Galerie nationale de l’Ombrie de Pérouse

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Incendies

Ce sont des images précises, belles, brossées avec la fabuleuse lumière écrasante des paysages du Moyen Orient. Sans qu’on le nomme, il est évident que nous nous retrouvons au Liban à l’époque de l’horreur qui a duré quinze ans et qui a fait plusieurs centaines de millier de morts.

Mais malgré la qualité évidente de l’esthétique de Denis Villeneuve et le contexte poignant de l’histoire il lui manque la zone d’ombre, l’espace pour la narrative propre à chaque spectateur pour que ‘Incendies’ soit un grand film. Nous n’avions pas besoin d’un récit si chargé, où tout est dite et toutes les possibilités de la tragédie sont sillonnées, comme si l’accumulation de malheurs jusqu’à la calamité ultime, tel enfer dantesque, était la logique implicite au film.

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Samuel (2008)

Je m’appelle Samuel.

Vous m’avez probablement déjà croisé dans les rues de Saint-Brieuc, car j’y ai passé toute ma vie, mais je ne suis pas sûr pour autant que vous ayez pu retenir mon visage. Vous savez, je fais partie de ces bretons banals, aux yeux bleus et grands et minces et pâles, façonnés par l’humidité de la côte et par un putain de soleil apathique.

Je ne me rappelle plus de mon premier jour de boulot au grand supermarché. Je connais par cœur les dames qui vieillissent sous mes yeux, qui prennent des années et des fruits et du pain pour leur homme, et je connais par cœur ces messieurs qui passent après le boulot, en vitesse, chercher un dernier truc avant de prendre l’autoroute qui les ramènera à la maison ; enfin, mes journées ont rarement quelque chose de remarquable et ma vie, comme celle de tous mes amis, s’écoule paisible, transparente, dans un flot agréable et implacable : sans histoire et sans aventure. Pourtant, c’est d’aventure qu’il est question dans cet épisode qui a un jour bouleversé ma vie et que j’essayerai, devant vous, de raconter avec le plus de précision que je pourrai.

Ce fut un samedi, je finissais ma semaine de travail. Le samedi le supermarché est ouvert jusqu’à huit heures du soir et il n’avait personne dans la rue quand je suis sorti – les jeunes préfèrent sortir tard la nuit et la rue des restaurants est beaucoup plus loin.

Depuis quelques années mon chemin de retour à la maison fut obstrué par les travaux de plusieurs tours de bureaux, et les détritus s’accumulaient de plus en plus au pied du trottoir où je passe au moins deux fois par jour ; on repérait parfois la chaise qui manquait dans le salon, ou le morceau de bois qui, convenablement aménagé, sera un jour la table de la cuisine.

Cette fois-ci, pourtant, je n’avais pas trouvé d’objet intéressant à la première vue et j’avais décidé ainsi de fouiller un peu plus le tas qui avait, ce soir, plus de deux mètres de hauteur. Après quelques minutes je finis par avoir dans mes mains une montre en plastique, une vieille carte de voyage de mille neuf-cents quatre-vingts trois et deux ou trois calepins presque entièrement vierges. Toutes des choses qui ne m’intéressent pas. A la poubelle, allez. Je fais demi-tour, et

La voilà.

Je la découvre dissimulée dans un renfoncement d’une cloison en brique, elle brille comme un long ruban argenté, là, le plus beau et étrange objet jamais vu, cachée des regards des passants par l’ombre fortunée du tas de détritus.

Je marche en direction d’elle. Aussitôt j’avais à mes pieds une épée.

Pas un truc de camelote mais une putain d’épée vraie, semblable à celles des illustrations qui montraient les légendes des Templiers ou les Croisés, je veux dire, une grosse épave en métal, archaïque, tellement lourde qu’on aurait pensé faite de plomb. Une Epée.

Comment est-elle tombée dans un endroit pareil ? C’est la première question que je me suis posée au regarder la surface encore opaque de la poussière qui restait collée comme une pellicule marron indissoluble.

J’ai enlevé mon imperméable et je l’ai enveloppée comme j’ai pu. Vingt minutes après j’arrivais devant la porte de l’immeuble gris de la rue de Saint-Michel, numéro trente-quatre inscrit en grosses lettres dorées, et j’étais finalement en lieu sûr.

Quand j’ai fermé à clé la porte de l’appartement l’épée était à moi ; et je l’ai prise ainsi dans mes bras pour sentir la matière froide. Puis je l’ai maniée avec mes deux mains. Elle était massive comme ces putains d’espadons du Moyen Age. Je l’ai posée sur la longue table du salon et j’ai commencé à la nettoyer le plus soigneusement que je pus nettoyer un objet en métal, malgré tout, coupant. La manchette était très dessinée ; il avait des scènes de bataille grossièrement gravées sur le poignet et le pommeau évoquait une fleur métallique à l’état de bourgeon. La lame était constituée de deux tranchants larges et convergents vers une pointe qui se situait un mètre plus loin, une pointe menaçante et, dieu seul sait, peut-être maintes fois utilisée.

Je suis resté comme ça quelques minutes. Puis, à ma plus grosse surprise, les doigts de ma main droite ont commencé à sentir une certaine irrégularité dans la texture lisse de l’épée. C’était dans le début, dans la commissure même de la lame, une irrégularité qui n’avait plus qu’une poignée de centimètres. Quelque chose avait été ciselée à la hâte: un mot. Celui qui l’a marqué restera pour toujours inconnu, ainsi que sa circonstance et sa raison, mais pas le contenu : une heure après j’ai réussi à déchiffrer ce mot furtif : « rédemption ». Rédemption.

Je n’ai jamais cru aux coïncidences. J’ai pris ma chère épée à son sens littéral et j’ai su tout de suite quoi faire : l’accrocher dans le mur du salon, en guise de trophée, et ouvrir la porte de la chambre. J’ai pris ma plus grande valise et j’y ai mis quelques vêtements, ainsi que mes objets les plus chers : les trois albums de photos, le parfum offert par ma mère, et les livres que mon grand-père avait un jour écrit – pour le voyage.

Le lundi d’après, au petit matin quand le supermarché ouvrait à nouveau je n’étais plus là. Plus jamais je ne suis revenu.

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Cada um tem as suas razões para gostar de Caravaggio

Caravaggio é palavra que significa aldeia, proveniência. Gostava que tudo fosse retorno à origem, que todos os traços se pudessem inverter para que se tornasse nítida, ao longe, uma certa origem: a ressonância da matéria. Não sei qual é, ao certo, o eco da aldeia nas pinturas do mestre, e não me interessa. O meu eco de Caravaggio é outro, e está aquém da mitologia interna das obras. O meu eco situa-se algures entre o coração dos personagens e o daquelas trevas, as mais imensas que alguma vez um pintor pôde criar; vejo naquelas telas a aceleração do tempo e do evento, como se em tão pequena superfície a tragédia humana pudesse ser dissecada com precisão infinda.

Em Roma tropecei em tantas pinturas do Caravaggio – no Capitólio, na Galeria Borghese – que parecia quase vulgar chegar à igreja da esquina seguinte e encontrar, em mais um milagre, a Crucificação de São Pedro ou o Martírio de São Mateus.

(fotografia d’A Inspiração de São Mateus, situada na Igreja de San Luigi dei Francesi, Roma)

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Top Fáive 1200-1700

Caravaggio
Leonardo
Dürer
Giotto
Pieter Bruegel

(top in progress)

 

 

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2666

On aurait dit que les pages se multiplient. Souvent j’ai fait la connaissance de livres de mille feuilles, mais sont rares ceux qui me restent tant de temps entre les mains. Il m’accompagne depuis la fin de l’été, fermé pour la plupart du temps puis réveillé pour donner vie à une poignée de jours de lecture farouche. Il sera dans la poche de la valise qui, demain, reposera au sous-sol de l’avion vers Porto, et à côté du lit d’enfant où je dors encore en arrivant.

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Archipel

Nuno Pinto da Cruz, “Archipel”, 2010, image numérique

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La pierre de touche de la bande dessinée contemporaine

« Ne nous trompons pas sur Krazy. Beaucoup de gens «aiment » en dépit de, mais seuls quelques individus aiment. Krazy est illimitable : il aime. De la seule manière dont on puisse aimer : sans limites (…) Celui qu’il aime lui cause un bonheur sans partage. Et comment cela ? Parce qu’il essaye, de toutes les forces infâmes de sa personne limitée, de le faire désaimer et il échoue toujours »

« Ce mélodrame-éclair burlesque de la démocratie est une lutte entre la société (Ofissa Pupp) et l’individu (Ignatz) à propos d’un idéal (l’héroïne, Krazy Kat) – lutte dont ressort toujours et encore cette vérité ahurissant : l’idéal démocratique ne peut s’accomplir qu’à condition et à chaque fois que la société échoue à supprimer l’individu. »

e.e.cummings avait déjà tout compris en 1946,au moment où il a écrit l’introduction au recueil posthume de George Herriman.

Comme dans tout dessin, c’est l’espace pour l’imagination qui me fascine. Comme si l’image même n’était qu’une vision liminaire, une clairvoyance, un réservoir de découvertes.  L’ambiguïté, la polyphonie, et, surtout, l’idéalité et la logique propre du langage du dessin, au service de la création d’un monde que n’existait qui dans la tête du dessinateur.

 

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Le retour (2007)

J’ai déjà été dans presque tous les continents. J’ai commencé à voyager très tôt, avec mon vieux.

On allait en train, vainquant des distances incroyables pour l’époque, vendre les coquillages de notre bled, considérés précieux, que lui-même ornementait avec des pigments faits maison sur les côtes opulentes du sud. C’était évidemment une affaire très très pauvre. Je me souviens, d’ailleurs, d’être ridiculisé par les familles bourgeoises qui passaient devant notre modeste boutique : un cageot fait de morceaux de bois et une pancarte de fortune où on lisait « artisanat ».

Malgré l’opposition de mon père, j’ai suivi naturellement ses traces.

A 15 ans j’essayais ma chance pour la première fois. Tout seul. Je dois dire, cependant, que ma décision a été hâtée par la mort du vieux.

Je me suis aventuré dans le premier train qui partait, sans connaissance de cartes ou de noms de pays. J’essayais, pour survivre, les coquillages de mon enfance, mais les dessins sortaient maladroits – tordus comme ma propre route.

Le hasard me conduit alors dans des affaires bien plus profitables. Quand je me rends compte, je suis en train d’essayer de passer la frontière à Trieste, en Italie. Je passe alors 3 ans à faire l’aller-retour entre l’Europe de l’ouest en est, toujours à la recherche de fragments de cet archétype qu’on appelait régime communiste : des affiches, des vêtements militaires, bref, des objets exotiques aux yeux des collectionneurs occidentaux.

Puis quand je me suis fatigué de tout ça, j’ai regardé dans ma valise tout ce qui restait de mon dernier déplacement. Un vieil appareil photo, avec ses instructions en cyrillique.

 

Pour la première fois, je m’intéressais à ce que j’avais avec moi ; c’est un objet bizarre, un appareil photographique : une fenêtre mécanique, compliquée, opaque. J’étais en ce moment à Minsk, où j’avais obtenu d’ailleurs cet appareil, et je n’ai pas pu m’empêcher de dépenser toute une pellicule. Je ne comprends rien à la photo, je ne suis pas un artiste ou quoi que ce soit ; j’ai photographié alors tout ce que je trouvais dans les rues, toute ce que je connaissais déjà. Comme si je voulais avoir des preuves de ma vie audacieuse.

Quand j’ai développé la pellicule, j’ai eu une surprise. Les photos sortaient inexactes, énigmatiquement insaisissables, mais surtout pas fausses. Comme des apparitions. Et moi, chrétien depuis l’enfance, je voyais ces lumières qui émergeaient des gens et des bâtiments ; des auras, des irradiations.

Toute ma vie a changé. Désormais je parcourrais des villes sans nom en Pologne, en Tchécoslovaquie, en Roumanie, en Hongrie, en cherchant un miracle, un message de Dieu dans les terres de la dictature du prolétariat.

C’est ainsi que vingt ans de ma vie sont passés. Je ne suis pas sûre d’avoir trouvé quoi que ce soit dans mes photos floues et obscures, sauf un peu de foi.

Et maintenant que ma vision devient floue, elle aussi, je regagne cette même foi. Je n’ai plus besoin d’appareil photo. Mes propres yeux captent les apparitions que je cherchais tout ce temps ; j’attends seulement que quelqu’un me croie.

 

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Caribou et Beach House à l’Ancienne Belgique, Bruxelles

Caribou et Beach House (avec Junip, dans le cadre du festival Autumn Falls)

Au vingt-septième jour de l’hostile mois de Novembre, deux des plus attendus concerts de l’année eurent lieu. Le premier fut dionysiaque, le deuxième apollinien.

Le premier fut celui de Dan Snaith, anciennement Manitoba, actuellement Caribou, aidé par trois musiciens dans la tâche de transformer l’Ancienne Belgique en territoire de célébration, avec une musique faussement électronique, car joué avec les instruments essentiels du psychédélisme (guitares, batteries, synthés, voix) et, comme outil secondaire, la spiral si loquace de la couverture de ‘Swim’, le dernier opus de Caribou, projeté à l’arrière-plan et aussi hypnotique que les motifs hallucinogènes de ‘Kaili’ ou ‘Labilela’. Tous les grands morceaux de ‘Swim’ y sont passés, d’ailleurs, et toujours aussi fulgurants, éclatants, au bord de l’épiphanie. La basse était omniprésente e profonde, la batterie impétueuse et la voix délicate de Snaith ponctuait et rythmait les tubes qui se succédaient sans merci pour le repos des corps.

La fin a été magistrale, espèce de glorification solaire psalmodiée pendant des longues minutes, une louange à un soleil déjà disparu sur le firmament bruxellois depuis des heures, des jours, des mois, comme si cette danse, ce rituel, ce sacre anticipé du printemps pouvait le ramener à nouveau, ce soleil, ce « Sun » répété tant de dizaines de fois depuis la bouche épuisée de Dan Snaith.

Puis Beach House arrivent sur une scène transformée. Victoria Legrand au centre, assise en tant que aumônier de cette grande oraison collective qui allait prendre l’heure et demie suivante. A ces côtés, Alex Scally et encore deux ou trois autres musiciens qui soutenaient, à coups de guitares et synthés, sa voix caverneuse. Derrière, trois constructions énigmatiques, des pyramides hautes d’un mètre et demi ou un peu plus, comme des œuvres minimalistes, idéales, mystiques. La lumière se résumait presque à un filet, quasi éteinte et sans révéler le visage presque aussi beau que sa voix, dit-on, de mademoiselle Legrand.

Presque tout ‘ Teen Dream’ a été joué, ainsi que des pièces des deux autres LP lancés par le duo de Baltimore. Parfois, parmi les strates vaporeuses de sons synthétisés, un véritable tapis d’étoiles surgit, des dizaines de points de lumière qui scintillaient autant que les centaines d’yeux fixés sur eux. Ce sont des sons qui nous caressent dans le sens des poils et de tout l’organisme, certes. La voix, grave et légèrement éraillé, est la seule texture rugueuse dans l’univers féerique de Beach House, et il n’y a pas la place pour le risque ou pour l’improvisation. Tout semble solide comme de la pierre, cohérent, maitrisé, et heureusement. Ainsi, nous nous y baladons en leur faisant confiance, au rythme langoureux de ‘Silver Soul’, ‘Norway’ ou ‘Better Times’, où les claviers prennent toute leur puissance. Le son sort si limpide du système sonore de l’Ancienne Belgique que le rêve évoqué par Beach House semble palpable, près de nous. Tout, tout près.

Aussi sur (quoique modifié) sur http://www.musiczine.net/fr/festivals/festival/autumn-falls-2010-samedi-27-novembre/

(photo: Caribou live at Lowlands 2010 par Nick Helderman via 3VOOR12)

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Inventaire des artistes retenus à Art Brussels, IV

Harland Miller: pas très fin, certes, mais assez drôle et séduisant. En plus, reprendre les légendaires couvertures de Penguin Books ne peut être qu’une manœuvre intelligente.

Harland Miller, E.A.Poe, 2005, Oil on linen, 83 7/8 x 61 in. (213 x 155 cm)

http://www.whitecube.com/artists/miller/v/

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Construction d’une collaboration avec Gaëlle Messager

Comment fondre deux traits, deux mondes, qui ne se touchent jamais? Quoi de semblable – et de ressemblable – entre les montagnes de l’hemisphère sud et la file d’atente d’une station rer à la lisière de Paris? La synthèse est peut-être anecdotique mais évidente:  en prenant tous les jours ces mêmes trains de banlieue, les personnages de Gaëlle – c’est à dire, nous tous – auraient voulu depuis longtemps arriver dans une station lointaine, absurde, irréalisable.

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Mon flyer pour NATURALIA (Part 1) à la Jozsa Gallery

 

Carte blanche à Richard Neyroud.
Avec Magali Lefebvre, Glenda León, Jonathan Loppin et Miks Mitrevics.

21 mai – 3 juillet 2010
Vernissage le jeudi 20 mai à partir de 18h

NATURALIA réunit quatre artistes qui questionnent le paysage à travers différents médiums : la photographie, l’installation et la vidéo. Naturalia désigne littéralement les « choses naturelles » et fait appel à une imagerie liée aux cabinets de curiosités. Les curiosités présentées dans cette exposition se donnent à voir comme diverses reconstitutions possibles d’un paysage mental.
Le thème du paysage dans l’art n’est pas si original. Développé particulièrement par les peintres du XIXème siècle, il est régulièrement choisi par les artistes et pour des expositions thématiques. Nous n’en avons cependant jamais fait le tour et le paysage prête toujours à la fascination et à la réflexion. Quand on évoque le paysage, on parle plus simplement de nature mais également de société, puisqu’il est précisément le produit de l’interaction entre l’homme et son environnement.

Les œuvres de cette exposition s’offrent comme autant de notes poétiques sur le thème du paysage. D’une simple image référencée, les artistes portent à réfléchir sur notre propre rapport à l’environnement. Les jeux d’échelles – miniaturisation, agrandissements – conditionnent le visiteur vers une lecture distancée du paysage. Entre esthétique industrielle, expression poétique et positionnements écologiques, NATURALIA est une histoire de jardin, un lieu de réflexion et d’échanges.

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Bruxelles – texte d’introduction à une proposition avec Michel Reuss

Bruxelles est verte-grise-verte.

Et puis elle possède, comme toutes les villes du nord, cette condition surprenante quand nous venons des contrées méditerranéennes. Une condition infligée à tout un chacun, soyons nous d’appartenance bourgeoise ou populaire : celle d’une vie menée essentiellement dans des espaces intérieurs. Nous nous habituons, jour après jour, à voyager en ville sans vraiment y être, comme si les rues et les trottoirs n’existaient que pour nous mener d’un point a vers un point b – qui, seront, inévitablement, des pièces fermées, protégées de toute agression extérieure.

Pour moi,  grandi à Porto, la presque inéluctable trinité du métro, boulot et dodo gagne ici toute une nouvelle dimension. C’est aussi l’une des raisons qui me poussent à m’intéresser au paysage du logement de Bruxelles : en quelque part, et c’est une sensation renforcée de manière inévitable par les nouages lourdes et proches, nous sortons rarement de l’espèce de sous-marin qui est notre domicile. Oui, les bruxellois vivent entre-portes et souvent sans balcon, terrace ou d’autres bouts d’espace qui puissent tenir lieu de périscope.

La collection d’images d’appartements à louer prises sur internet par Michel Reuss peut se métamorphoser très vite en allégorie de l’existence dans une ville. En regardant ces images j’ai la même réaction vis-à-vis de cette grisaille parfois triste et illisible: si Bruxelles est une ville de laquelle on se méfie au premier abord, la collection quasi infinie de détails cocasses qui la ponctuent nous fait, à la fin de quelques mois, aimer ce martyr de projets mégalomanes et de spéculation immobilière. Ainsi, la poésie de Bruxelles respire à travers ces détails, sur les décombres de la bruxellisation.

Maintes confidences sortent de ces photos. De l’amusement, certes, et de l’étonnement, comme si une deuxième couche de lecture émanait d’appartements apparemment banals. Puis nous aménageons un parcours, une narrative, comme si un certain ordre des images pouvait mener à une formule magique et nous révéler davantage. En quelque part, c’est dans les images le plus austères qui se trouvent les secrets le mieux gardés. A la fin, ces mêmes images nous semblent hantées.

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Inventaire des artistes retenus à Art Brussels, III

Stephan Huber et ses cartes imaginaires de l’ordre du merveilleux. Ce sont des grands formats, superbement détaillés.

Stephan Huber, The Empire Strikes Back, Neue Carten, 2009

http://www.stephanhuberkunst.de/

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Inventaire des artistes retenus à Art Brussels, II

Ori Gersht. Un énorme tirage. A l’intérieur de l’image, très peu de choses: un bateau et, autour, ce grain photographique insatiable et oppressant, hanté.

Ori Gersht, Hide & Seek: Boatman, 2009, Lambda print mounted on aluminum, 46 1/2 x 79 1/4 2 inches, framed

http://www.crggallery.com/artists/ori-gersht/

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